26 juin 2007
"La Cigale et la fourmi" par Jean-Jacques BOISARD
Mieux, cent fois mieux que celle de La Fontaine ! Lisez, et vous allez vite comprendre pourquoi !
La Cigale et la Fourmi
Chante , chante, ma belle amie,
Étourdis-toi ; voltige avec légèreté ;
Profite bien de ton Été,
Et vite hâte-toi de jouir de la vie;
L'Hiver approche.. Ainsi parloit un jour
La Fourmi thésauriseuse
A la Cigale, à son gré trop joyeuse ;
Avez-vous dit, radoteuse m'amour,
Lui répliqua la chanteuse ?
L'Hiver approche! Hé bien-nous mourrons toutes deux;
Vos greniers seront pleins, et les miens seront vides ;
Or donc, en maudissant les Dieux,
Vous quitterez bientôt vos épargnes sordides...
Moi, je veux en chantant aller voir mes ayeux.
Aussi je n'ai jamais retenu qu'un adage:
Amasser est d'un fol, et jouir est d'un sage.
Jean-Jacques Boisard
15 avril 2006
ABAT-JOUR par Paul GERALDY
Un grand poète méconnu, m'enfin je trouve quoi...
ABAT-JOUR par Paul GERALDY
Tu demandes pourquoi je reste sans rien dire.
C’est que voici le grand moment,
L’heure des yeux et du sourire,
Le soir, et que ce soir je t’aime infiniment !
Serre-moi contre toi. J’ai besoin de caresses,
Si tu savais tout ce qui monte en moi, ce soir,
D’ambition, d’orgueil, de désir, de tendresse,
Et de bonté !... Mais non, tu ne peux pas savoir !...
Baisse un peu l’abat-jour, veux-tu ? Nous serons mieux.
C’est dans l’ombre que les cœurs causent,
Et l’on voit beaucoup mieux les yeux
Quand on voit un peu moins les choses.
Ce soir je t’aime trop pour te parler d’amour.
Serre-moi contre ta poitrine !
Je voudrais que ce soit mon tour
D’être celui que l’on câline….
Baisse encore l’abat-jour.
Là. Ne parlons plus. Soyons sages.
Et ne bougeons pas. C’est si bon
Tes mains tièdes sur mon visage ! …
Mais qu’est-ce encore ? que nous veut-on ?
Ah ! C’est le café qu’on apporte !
Eh ! bien posez ca là, voyons !
Faites vite ! … Et fermez la porte !....
Qu’est-ce que je te disais donc ?
Nous prenons ce café… maintenant ? Tu préfères ?
C’est vrai : toi, tu l’aimes très chaud.
Veux-tu que je te serves ? Attends, laisse-moi faire.
Il est fort aujourd’hui ! Du sucre ? Un seul morceau ?
C’est assez ? Veux-tu que je le goûte ?
Là ! Voici votre tasse, amour…
Mais qu’il fait sombre ! On n’y voit goutte…
Lève donc un peu l’abat-jour.
03 avril 2006
PRODIGE DE L'ESPRIT HUMAIN par Etienne PAVILLON
Devinerez-vous à quelle date a vécu ce poète méconnu ?

PRODIGE DE L'ESPRIT HUMAIN par Etienne PAVILLON
Tirer du ver l'éclat et l'ornement des Rois,
Rendre par les couleurs une toile parlante,
Emprisonner le temps dans sa course volante,
Graver sur le papier l'image de la voix ;
Donner aux corps de bronze une âme foudroyante,
Sur les cordes d'un luth faire parler les doigts
Savoir apprivoiser jusqu'aux monstres des bois,
Brûler avec un verre une ville flottante ;
Fabriquer l'univers d'atomes assemblés,
Lire du firmament les chiffres étoilés,
Faire un nouveau soleil dans le monde chimique ;
Dompter l'orgueil des flots, et pénétrer partout,
Assujettir l'enfer dans un cercle magique.
C'est ce qu'entreprend l'homme, et dont il vient à bout.
POUR UNE AMIE... par MELANCOLIA
Pour une amie... par MELANCOLIA
Sylène n'avait plus d'espoir
Son coeur était brisé
Et son âme plaongée dans le noir
Pauvre petite fleur fanée
Chaque jour avec cette douleur
Chaque soir avec ces larmes
Une douleur qui asphixiat son coeur,
Elle voulait baisser ses armes
Crier, hurler, hair, ne lui souffusiait plus
Cet objet elle le comptemplait
Pauvre petit ange déchu,
Cet objet, qu'est ce que c'est?
Ses yeux, ils brillaient, plein de peine
Elle voulait le faire
Saisir cette lame et couper ses veines
Sa douleur elle voulais faire taire
Elle voulait être libre
NE plus être soumises à cette soufrance
Etre ivre
Elle voulais juste la déllivrance
Prisonnière de sa passion,
Elle en avait assez
Briser les barreaux de sa prison
Ceux qui la retenait
Elle est partie
Elle s'est rapprocher de la lame,
L'a saisi
D'un trait, elle libère son âme
Son sang glisse le long de ses poignets
Ce prévieux liquide de vie
En se rappelant de celui qu'elle a aimé,
Elle le regarde qui s'enfuit
Esprit léger, coeur léger,
Sur ces lèvres un sourire,
Elle espère s'envoler
Pour elle la vie n'est plus que souvenir...
© Melancolia
http://melancolia.over-blog.com/categorie-4351.html
31 mars 2006
JE SUIS COMME JE SUIS par Jacques PREVERT
D'accord à 100%. Pas vous ?

JE SUIS COMME JE SUIS par Jacques PREVERT
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j'ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J'aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n'est pas le même
Que j'aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi
Je suis faite pour plaire
Et n'y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Ce qui m'est arrivé
Oui j'ai aimé quelqu'un
Oui quelqu'un m'a aimée
Comme les enfants qui s'aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n'y puis rien changer.
ETOILE DU PARADIS par PLUME d'OR
Merci la Plume !
ETOILE DU PARADIS par PLUME d'OR
Etoile du paradis,
Celle que jamais l'on oublie
Et qui parfois ressurgit
Dans notre si triste vie.
Te voir me tendre les bras
M'a toujours remplie d'émoi.
Même si je ne te l'ai jamais dit
Sans cesse tu embellissais ma vie.
Alors pourquoi partir ?
Pourquoi, soudainement, sans prévenir ?
C'est impossible de t'oublier
Alors vivons et effaçons le passé.
Tes photos sont toujours là,
Présentes auprès de moi.
Moi, qui aurais voulu te dire « je t'aime »
Et pour qui, maintenant, c'est un problème.
© Plume d'Or
L'INVITATION AU VOYAGE par Charles BAUDELAIRE
L'INVITATION AU VOYAGE – Charles BAUDELAIRE (1821-1867)
Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
30 mars 2006
Un poème de MELANCOLIA
Combien de fois j'ai pleuré ?
Combien de larme ai-je versé ?
J'ai honte de t'avoir montré mes yeux en pleurs,
J'ai honte de t'avoir montré mon être intérieur
Je voulais pas que tu voies mon visage ruisselant
Je voulais pas que tu voies mes larmes de sang
© Melancolia
21 mars 2006
LIBERTE par PAUL ÉLUARD
LIBERTE par PAUL ÉLUARD
(France, 1895-1952)
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers.
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom
Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom
Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom
Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom
Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunies
J'écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom
Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom
Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaÎtre
Pour te nommer
Liberté.
(«Liberté», dans Poésie et vérité, 1942)
07 mars 2006
CHIENNE DE VIE par Jean-Marc LA FRENIERE
CHIENNE DE VIE par Jean-Marc LA FRENIERE
On ne coupe pas la tête
de ceux qui ne pensent pas
mais on arrache le coeur
de ceux qui en ont trop.
Dans cette chienne de vie
j'ai préféré tirer la chasse,
tirer la langue
et le diable par la queue
que de tirer du gun
ou de tirer des chèques
sur le malheur des autres.
J'ai préféré passer l'éponge,
passer mon tour,
passer les bornes,
passer pour fou
que de passer tout droit.
Mais cette chienne de vie
est parfois si jolie
(merci Prévert)
sans collier sans licou
les deux pieds dans la vase
et le poil au soleil.
Quand on m'aura dompté
je ne serai plus
qu'un masque sans visage,
une ride sans voix,
un corps en location,
un coeur à la consigne,
une âme en panne.
Je veux rester debout
pour une femme qui passe
mettant le feu au cul
et la main à la pâte.
Je veux rester vivant
pour une femme qui chante
et rallume à ma queue
le désir des voyous.
Je veux rester de sève
pour une feuille qui s'anime
au toucher de la brise.
Je veux rester sans nom
au milieu de la foule
et faire l'accolade
à tous ceux qui s'égarent.
Je veux rester rebelle
et me refaire une vie
hors des sentiers battus,
être encore une fois
l'aurore et le couchant
emmêlant leur salive,
le rire et la douleur
fécondant les racines.
Je veux planter ma tente
au milieu de l'orage
et faire d'un volcan
un oasis de paix,
de la peur une armure
et de l'angoisse un feu
pour réchauffer la vie.






