04 août 2007
"Opération Opale. Artemis Fowl 4" par Eoin COLFER
© Gallimard Jeunesse, 2006
Résumé : Message à l'attention de
Nom : Fowl
Prénom : Artemis
Signes particuliers : une intelligence redoutable et redouté, en entreprises délictueuses et collégien (à ses heures perdues)
Vous ne vous souvenez plus de nous, nous sommes le Peuple des fées. Vous nous connaissez pourtant, mais votre mémoire a été en partie effacée pour que vous n'entriez plus en contact avec nous, à la suite de précédentes aventures plutôt périlleuses. Mais aujourd'hui, il est de notre devoir de vous informer que nous sommes tous en danger de mort. Opale Koboï. la fée lutine que vous nous avez autrefois aidés à combattre, est de retour, déterminée à se venger. Pour la vaincre, vous avez besoin de nous. Et nous avons besoin de vous...
Le quatrième volume des aventures d'Artemis Fowl, ou comment notre jeune génie millionnaire va comprendre que l'union fait la force et que les nobles causes ont du bon.
Mon avis : quand on est fan, on est fan, donc pas objective. J’ai aimé bien sûr !
04 mai 2007
"Elégie du matin" par Ana BLANDINA

Au début, j'avais promis de me taire
Mais plus tard, au matin,
Je vous ai vus sortir avec des sacs de cendre devant les portes
Et la répandre comme on sème le blé ;
N'y tenant plus, j'ai crié : Que faites-vous ? Que faites-vous ?
C'est pour vous que j'ai neigé toute la nuit sur la ville,
C'est pour vous que j'ai blanchi chaque chose toute la nuit - ô si
Vous pouviez comprendre comme il est difficile de neiger !
Hier soir, à peine étiez-vous couchés, que j'ai bondi dans l'espace
Il y faisait sombre et froid. Il me fallait
Voler jusqu'au point unique où
Le vide fait tournoyer les soleils et les éteint,
Tandis que je devais palpiter encore un instant dans ce coin,
Afin de revenir, neigeant parmi vous.
Le moindre flocon, je l'ai surveillé, pesé, éprouvé,
Pétri, fait briller du regard,
Et maintenant, je tombe de sommeil et de fatigue et j'ai la fièvre.
Je vous regarde répandre la poussière du feu mort
Sur mon blanc travail et, souriant, je vous annonce :
Des neiges bien plus grandes viendront après moi
Et il neigera sur vous tout le blanc du monde.
Essayez dès à présent de comprendre cette loi,
Des neiges gigantesques viendront après nous,
Et vous n'aurez pas assez de cendre.
Et même les tout petits enfants apprendront à neiger.
Et le blanc recouvrira vos piètres tentatives à le nier.
Et la terre entrera dans le tourbillon des étoiles
Comme un astre brûlant de neige.
15 avril 2006
LA CASCADE par KIM Su-Yong
LA CASCADE par KIM Su-yong
De la falaise verticale tombe sans peur l’eau
Flots d’eau sans mesure ni règle
Sans idée de l’endroit où ils tombent
Sans conscience des saisons ni des jours ou des nuits
Sans cesse comme généreuse pensée tombent
Quand vient la nuit qui engloutit les soucis et les maisonnées
L’eau tombe en faisant un bruit vertical
Le bruit vertical est un bruit
Le bruit vertical appelle...
08 avril 2006
POUR QUE TU M'ENTENDES par Pablo NERUDA
POUR QUE TU M'ENTENDES par Pablo NERUDA
Pour que tu m'entendes
mes mots
parfois s'amenuisent
comme la trace des mouettes sur la plage.
Collier, grelot ivre
pour le raisin de tes mains douces.
Mes mots je les regarde et je les vois lointains.
Ils sont à toi bien plus qu'à moi.
Sur ma vieille douleur ils grimpent comme un lierre.
Ils grimpent sur les murs humides.
Et de ce jeu sanglant tu es seule coupable.
Ils sont en train de fuir de mon repaire obscur.
Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli.
C'est eux qui ont peuplé le vide où tu t'installes,
ma tristesse est à eux plus qu'à toi familière.
Ils diront donc ici ce que je veux te dire,
et entends-les comme je veux que tu m'entendes.
Habituel, un vent angoissé les traîne encore
et parfois l'ouragan des songes les renverse.
Tu entends d'autres voix dans ma voix de douleur.
Pleurs de lèvres anciennes, sang de vieilles suppliques.
Ma compagne, aime-moi. Demeure là. Suis-moi.
Ma compagne, suis-moi, sur la vague d'angoisse.
Pourtant mes mots prennent couleur de ton amour.
Et toi tu emplis tout, par toi tout est empli.
Je fais de tous ces mots un collier infini
pour ta main blanche et douce ainsi que les raisins .
03 avril 2006
WHERE THE UNICORN DWELL by Lady ARCHER
Fabuleux animaux qui font partie de mon bestiaire favori, avec les dragons, elfes et autres créatures fantastiques. Voilà un beau poème en anglais :

Where the Unicorn Dwell
In the land where the Unicorn's dwell
The hills are serene all around
Grazing meadows rise and swell
Here where the Unicorn's bound.
No mortal eyes have ever seen
The place The Unicorn's call home
Though at times they have been spie
When they'd go off to roam.
Their home is high up on a mountain
Enchanted you can be sure
The pools there are always warm
In winter they are still secure.
Cold never touches the Unicorn
In their airy home
They are separate from the world
In the Unicorn Zone.
©Lady Archer
COMME UN VOILIER PART DANS LA LUMIERE DU MATIN par William BLAKE
COMME UN VOILIER PART DANS LA LUMIERE DU MATIN par William BLAKE
Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.
Quelqu'un à mon côté dit :
"Il est parti !"
Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout...
Son mât est toujours aussi haut,
Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "Il est parti !",
Il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,
S'exclament avec joie :
"Le voilà !"...
C'est cela la mort.
07 mars 2006
TOUT HASARD par Wislawa Szymborska
Un de mes préférés, avec "Le Chat dans un appartement vide" (disponible dans la rubrique "Félins").
TOUT HASARD par Wislawa Szymborska
Cela a pu arriver.
Cela a dû arriver.
Cela est arrivé plus tôt. Plus tard.
Plus près. Plus loin.
Pas à toi.
Tu as survécu, car tu étais le premier.
Tu as survécu, car tu étais le dernier.
Car tu étais seul. Car il y avait des gens.
Car c'était à gauche. Car c'était à droite.
Car tombait la pluie. Car tombait l'ombre.
Car le temps était ensoleillé.
Par bonheur il y avait une forêt.
Par bonheur il n'y avait pas d'arbres.
Par bonheur un rail, un crochet, une poutre, un frein,
un chambranle, un tournant, un millimètre, une seconde.
Par bonheur le rasoir flottait sur l'eau.
Parce que, car, pourtant, malgré.
Que se serait-il passé si la main, le pied,
à un pas, un cheveu
du concours de circonstances.
Tu es encore là ? Sorti d'un instant encore entrouvert ?
Le filet n'avait qu'une maille et toi tu es passé au travers ?
Je ne puis assez m'étonner, me taire.
Ecoute comme ton coeur me bat vite.
(traduction Christophe Jezewski)
LES AZALÉES de KIM So-Wol
LES AZALÉES
de Kim So-Wol (début du siècle)
(Corée)
Si tu devais me quitter,
Lassée de moi,
Sans un mot, je te laisserais partir.
Mais j'irais cueillir une brassée d'azalées,
là où les fleurs sont belles
Sur le mont Yaksan, dans la région de Yong Byo.
Et j'en effeuillerais les pétales sur ton chemin,
Que tes pas se fassent légers
Sur ce lit de fleurs.
Si tu devais me quitter,
Lassée de moi,
Je ne verserais aucune larme, dussé-je en mourir.
© Photo de F. Dennever
POEME POUR LA PAIX par Djoko Stojicic
Pour en savoir plus :
http://pages.infinit.net/haiku/yougoslavie.htm#sto
POEME POUR LA PAIX par Djoko Stojicic
(Traduction de Mirjana Mihajlovic, André Duhaime et Olivera Skiljevic)
Des branches en fleur
Touchent la fenêtre.
L'enfant tend les mains.
Le chant des oiseaux dans les branches.
Je m'arrête à plusieurs reprises.
Reviendrai-je ici un jour?
La balançoire
Faite de branches pliées.
On n'entend pas les enfants.
Une alouette vole dans le ciel.
Un point ivre qui chante
Et arrête le regard.
La source entre les pierres
Tout le ciel
S'y reflète.
Le vent bouge les volets.
Le grincement monotone des gonds.
Je me dis "Je ne suis pas seul".
L'averse a cessé.
Sur la pointe de chaque épine
Brille une goutte.
Elle était
Dans le champ, elle fane
La fleur - jetée sur le sentier.
La pluie a cessé.
Ce ne sont que des gouttes
Qui tombent des branches.
Il a plu à verse quelque part.
Deux ruisseaux s'unissent,
L'un clair et l'autre trouble.
MON AMOUR par Kazi Nazrul Islam
Kazi Nazrul Islam (1898-1976)
(Bengladesh)
Mon Amour
Viens ma chérie et sois mon amour!
J'ornerai tes cheveux de fleurs d'étoiles,
Et tes oreilles d'anneaux
de la jeune lune montante,
Et j'entourerai ton cou d'une guirlande
Blanche comme une rangée de cygnes,
Et tes cheveux défaits couleur de nuage,
je les rassemblerai et les nouerai
Avec les rubans scintillants des éclairs argentés.
Je mélangerai du bois de santal avec le clair de lune,
Et j'en laverai ton corps.
Je volerai le rouge de l'arc-en-ciel,
Et j'en peindrai tes pieds.
Avec les sept airs de mon chant,
Je construirai ta tonnelle nuptiale,
Et autour de toi chantera le rossignol de ma poésie.
Traduction :
Dominique Letellier







